Investir dans la nature : où sont les modèles rentables ?
12 février 2026 Naturetech tech&fest

Alors que la décarbonation est désormais au cœur des stratégies d'entreprise, la protection de la biodiversité reste souvent un sujet diffus et complexe. Pourtant, face à la "6ème extinction de masse", l'urgence n'est plus seulement écologique, elle est économique. Dans cette table ronde animée par Guillaume Buffet (Motherbase), trois experts, Marie Ekeland (2050), Yves Chesnot (CDC Biodiversité) et Justina Grojean (Clean Ocean Coatings), explorent les pistes pour réconcilier rentabilité et préservation du vivant.
Les points clés à retenir
1. L’urgence d'un nouveau récit économique
La crise de la biodiversité s'accélère à un rythme inédit (en dizaines d'années contre des millénaires pour les extinctions passées). L'enjeu est de protéger les "services écosystémiques" (eau potable, air pur, sols fertiles) dont dépend toute notre économie.
2. Le "Nature Tech Observatory" : un marché qui se structure
Plus de 1 000 start-ups ont été recensées dans le monde comme apportant des solutions pour la biodiversité. Ce marché se divise en trois grands segments :
- L'information (2/3 des financements) : Collecte de données via satellite, ADN environnemental ou bioacoustique.
- La restauration : Projets de réhabilitation d'écosystèmes (ex: récifs coralliens, tourbières).
- L’évitement et la réduction : Moins financés car perçus comme liés à la "décroissance", ils sont pourtant cruciaux.
3. Réinventer le capital-risque
Marie Ekeland souligne que le modèle classique du capital-risque (fonds fermés à 10 ans) n'est pas adapté au temps long du vivant. Elle prône des modèles "Evergreen" (fonds ouverts) et la "Blended Finance" (mélange de fonds publics, philanthropiques et privés) pour dérisquer les projets.
4. Des solutions concrètes : l'exemple de Clean Ocean Coatings
Justina Grojean présente une peinture pour coques de navires sans biocides ni solvants. Le modèle est gagnant-gagnant : il protège les océans des microplastiques tout en réduisant la consommation de carburant de 7 à 20 % pour les armateurs.
Les principaux conseils des intervenants
- Penser "Science-Based" : Ne pas investir au hasard, mais partir des limites planétaires et des besoins identifiés par la science pour construire des stratégies d'investissement.
- Intégrer les industriels : Les entreprises classiques doivent être parties prenantes du financement, car elles ont un intérêt direct à la résilience de leur propre chaîne de valeur.
- Passer de la performance au risque : La biodiversité ne doit plus être vue comme une contrainte "punitive", mais comme un outil de gestion des risques (ex: sécuriser l'accès à l'eau ou la souveraineté alimentaire).
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